
Hélas trop rarement diffusé sous nos latitudes, le réalisateur danois Anders Thomas Jensen nous a déjà offert de grands crus d’humour noir, comme «Les bouchers verts» ou «Adam’s Apples», toujours portés par l’excellent Mads Mikkelsen et interrogeant déjà la folie des hommes. Après «Men & Chicken» et «Riders of Justice», restés très confidentiels en Suisse romande, le cinéaste revient avec un nouveau film déjanté: «The Last Viking». Débutant comme un livre de contes sur les Vikings, ce film peuplé de doux dingues raconte l’histoire d’Anker (Nikolaj Lie Kaas), braqueur de banque bientôt sorti de prison, et de son frère Manfred (Mads Mikkelsen), réputé simple d’esprit. Après quinze ans derrière les barreaux, Anker n’a qu’une obsession: remettre la main sur le butin qu’il a caché avant son arrestation. Et c’est à son idiot de frangin qu’il a littéralement fait avaler comment le retrouver. Problème: le fêlé frérot se prend désormais pour la réincarnation de John Lennon. S’ensuit une chasse au trésor aussi improbable qu’hilarante, à l’humour grinçant et délicieusement acide, qui se double d’une profonde réflexion sur les traumatismes de l’enfance. Et dans cette comédie au vitriol, on en vient évidemment à se demander quels personnages sont réellement les plus dérangés.
de Anders Thomas Jensen
Danemark / Suède, 2025, 1h56
THE LAST VIKING
Genève
Cinélux, 14:45
