Juste une illusion

Eric Toledano et Olivier Nakache œuvrent en tandem depuis 1995, signant avec «Intouchables» (2011) le plus gros succès de l’histoire du cinéma français à l’international (52 millions d’entrées). Ils ont su s’en relever, comme le prouve «Juste une illusion». Dédiés à leurs pères, leur neuvième long-métrage, sans doute leur meilleur film à ce jour, est leur premier film d’époque. Avec cet art de la fluidité qui les caractérise quand ils sont au meilleur de leur forme, les deux compères condensent dans «Juste une illusion» leurs sorties d’enfance respectives. En résulte une chronique familiale jubilatoire, nimbée d’une amertume inédite.

Nous sommes en 1985, Vincent (Simon Boublil), bientôt treize ans, s’apprête à fêter sa bar-mitsvah et s’interroge sur le sens de l’existence. A l’étroit dans un appartement où il partage sa chambre avec son grand frère, l’ado doit aussi composer avec une mère protectrice (Camille Cottin), secrétaire déterminée à faire carrière, et un père cadre (Louis Garrel) qui cache son chômage. Maîtrisant à merveille ce que l’on pourrait qualifier de «comédie populaire d’auteur», tant transpire leur amour du cinéma, Toledano et Nakache croient dur comme fer qu’un film peut déjouer la brutalité du réel. Ils en font la démonstration, tout en essaimant moult gags dont une réinterprétation irrésistible de la fameuse poignée de mains entre Kohl et Mitterrand.

de Eric Toledano et Olivier Nakache
France, 2026, 1h56