Z.O.O. (A Zed and Two Noughts)

de Peter Greenaway |
avec Andréa Ferréol, Brian Deacon, Eric Deacon, Frances Barber, etc.

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      A bien entendre Peter Greenaway, ces trois lettres représentent les trois personnages principaux de son film: Z est une femme, la dernière de sa lignée, confrontée à deux frères jumeaux, Oswald et Oliver, enfin l’ac­tion se passe dans un zoo…
      L’on ne saurait bien sûr se contenter de cet alibi conceptuel! lequel ne protège en rien son auteur des effets dévastateurs causés par ce qu’il qualifie lui-même de «tragédie co­mique»: de fait, Z.O.O. constitue une ma­nière d’achèvement, la trame quasi parfaite d’un complot esthétique visant le cinéma classique; déniant à ce dernier tout statut on­tologique, Greenaway révèle à tout bout de champ l’artefact qui sommeille en lui, mine ses prétentions à rendre compte du Réel avec force références picturales — Vermeer, en l’occurrence.
      De même agit-il avec le scénario dit clas­sique, qui nous donne à croire que l’Homme peut changer, évoluer: figeant son récit sur des effets de symétrie, de série, de répétition obsessionnelle, le cinéaste privilégie la pul­sion, fait donc retour à un naturalisme irréductible à tout ordre social… Quant au ciné­ma qui se réclame de la Vie, Greenaway le renvoie à son propre mensonge en filmant longuement son «refoulé»: la mort, via la décomposition des cadavres de six ani­maux… Un véritable manifeste, vous dis-je!
      Grande-Bretagne, 1985, 1h52, couleur; programme n°7

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