Yi yi

| Taiwan |
20 ans de trigon-film à l’ABC | Cannes 2000, Prix de la mise en scène
de Edward Yang


Cinéaste rebelle et désenchanté, Edward Yang est mort à l’âge de 59 ans, le 29 juin de l’année passée. Sa disparition met prématurément un terme à une œuvre aussi exceptionnelle que rare (seulement huit long-métrages tournés entre 1988 et 1999). Sorti en septembre 2000, «Yi Yi» fait hélas figure de testament, Yang n’ayant rien pu tourner depuis… En mandarin, «Yi Yi» signifie «un par un», «l’un après l’autre» ou «tous et chacun». Ce film fleuve décrit subrepticement le drame lancinant du tiers exclu.

Chronique d’une famille taïwanaise de l’époque, il narre une myriade d’histoires à travers le prisme de trois protagonistes appartenant à des générations différentes. Yang Yang est un enfant vivant et curieux de tout, qui photographie les nuques. NJ, son père, se comporte en adulte englouti par le compromis. Enfin, la grand-mère apparaît comme la gardienne de l’invisible, au seuil de la mort. A eux trois, ils dessinent de façon miraculeuse le grand mouvement de la vie. Faute de producteur, Yang n’a pas pu donner une suite à ce chef-d’œuvre. On ne le regrettera jamais assez!
Taiwan / Japon, 2000, couleur, 2h53, programme n°148