Waalo Fendo (Là où la terre gèle)

de Mohammed Soudani |
avec Saidou Moussa Ba, Bara Ngom, Souleymane Ndiaye, Oumar Ba, Mamadou Ba


Film emblématique qui traite à merveille de la problématique évoquée par les manifestations «Salut l’étranger!», Waalo Fendo est le premier long métrage de fiction du réalisateur et chef opérateur Mohammed Soudani; une œuvre remarquable qui lui a valu, cette année, d’obtenir le tout premier Prix du cinéma suisse.

Si Mohammed Soudani réside en Suisse depuis 1972, il est né en 1949 à El-Assam, en Algérie; après des études à l’IDHEC, à Paris, il entame une carrière de caméraman et de chef opérateur qui le porte d’Alger au Tessin, des grandes émissions de télévisions aux longs métrages de fiction. A partir des années 80, il développe parallèlement une activité de réalisateur, à travers plusieurs documentaires, tourné en particulier en Afrique: sa dernière œuvre en date, Sud — Les diseurs d’histoires, constitue une formidable rencontre avec le cinéma africain.

Exemple vivant d’intégration, Soudani signe, avec son premier film de «fiction», un document vérité d’une sensibilité rare, à la fois respectueux et courageux. Dans un travail où la fiction s’intègre au documentaire, il raconte l’histoire de Yaro, un jeune Sénégalais qui arrive en Italie avec du rêve plein les yeux, et de son frère Demba, venu le rejoindre. Du soleil de son petit village du Sénégal jusqu’au brouillard de Milan, sorte de terminus aux portes de la Suisse pour beaucoup d’immigrés clandestins, Soudani raconte simplement, mais crûment, la violence de ce «voyage initiatique» des temps modernes; il décrit un monde d’immigrés qui vivent, comme l’écrit Soudani, «avec la nostalgie des liens familiaux, d’une culture ancestrale, et l’integration difficile dans un pays étranger, un monde à leur yeux plein de contradictions et souvent cruel.»

Suisse, 1997, couleur, 1h03; programme n°69