Vers la lumière

Cannes 2017, compétition internationale |
de Naomi Kawase
avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsuya Fuji, etc.

Après le merveilleux «An» (2015), véritable hymne à la nourriture, Naomi Kawase, l’indispensable réalisatrice de «La Forêt de Mogari» (2007), nous revient avec «Vers la lumière» (titré «Radiance» en anglais), une méditation sur la vision et l’imaginaire et, partant, le cinéma tout court, au sens le plus profond du terme! Jeune femme frêle et discrète, Misako travaille comme audiodescriptrice. Autrement dit, elle rédige les informations-clés destinées aux spectateurs de cinéma atteints de cécité. Complétant la bande-son, ces descriptions sont censées aider ces derniers à se représenter l’image. Au début de «Vers la lumière», Misako soumet à un panel de non-voyants et de malvoyants ses propositions de commentaires pour un film de fiction.

Quelques critiques polies fusent de l’assistance, à l’exception d’un homme qui, lui, ne mâche pas ses mots. Il lui déclare tout de go que «ses descriptions sont plus gênantes qu’autre chose», dénonçant leur caractère trop intrusif. Photographe en passe de perdre la vue, il en voit encore assez pour lui reprocher de nuire à sa capacité d’imagination. De ce premier contact fort peu amène va pourtant naître une histoire d’amour à nulle autre pareille… Avec cette attention phénoménale qu’elle voue à l’infime de l’ordinaire, Kawase interroge notre rapport à la vision, allant jusqu’à se demander si d’être doué de vue ne nous empêche pas de voir.
HIKARI, Japon / France, 2017, couleur, 1h41, programme n°217