Seules les bêtes

En plein hiver sur un plateau reculé des Causses, une femme a disparu. Sa voiture a été retrouvée dans un pâturage enneigé. Adoptant successivement le point de vue de cinq personnages qui pourraient être liées de près ou de loin à ce drame, «Seules les bêtes» de Dominik Moll pastiche, non sans brio, la structure éclatée du «Rashōmon» de Kurosawa, précis magistral de relativisme.

Tour à tour prennent en charge le récit: Joseph (Denis Ménochet), un agriculteur en mal d’amour, addict à l’Internet, sa femme Alice (Laure Calamy), pimpante infirmière à domicile qui va voir ailleurs, Joseph (Damien Bonnard), paysan psychiquement très fragile, et Marion (Nadia Tereszkiewicz), jeune serveuse éperdument amoureuse d’Evelyne (Valeria Bruni-Tedeschi), la femme qui s’est volatilisée.

Dans un registre grinçant qui évoque les polars neigeux des frères Coen, Moll s’ingénie à brouiller les pistes. Bien loin de faire la lumière, chaque nouveau témoignage crée de nouvelles zones d’ombre. Mais tout finira par parfaitement s’emboîter avec, in fine, une séquence tournée à Abidjan, conférant à son film une dimension politique troublante.

de Dominik Moll
France / Allemagne, 2019, 1h57

SEULES LES BêTES

Genève

Les Scala, 15:35, VF, 16 ans

Lausanne

Pathé Galeries, 13:10, 18:00, VF, 16 ans

Vevey

Rex, 18:00