
Méconnue sous nos latitudes, Alauda Ruíz de Azúa fait partie intégrante d’une nouvelle génération de cinéastes espagnoles très douée. Après «Lullaby» (2022), portrait tout de subtilité d’une jeune mère en burn-out qui retourne vivre chez ses parents, cette réalisatrice d’origine basque récidive avec «Los Domingos» («Les Dimanches»), immense succès en Espagne! Élève dans un lycée catholique de Bilbao, Ainara annonce à sa famille qu’elle songe à entrer dans les ordres. Pour s’en convaincre, elle demande à son père, Iñaki, l’autorisation de faire dans un couvent un séjour dit de discernement, pour éprouver le bien-fondé de sa vocation. Désarçonné, le père, un restaurateur qui s’est endetté pour ouvrir son établissement, ne sait que répondre. Le bougre ne peut s’empêcher de penser aux économies qu’une telle décision représenterait, en lui évitant de payer de coûteuses études universitaires. Toute autre est la réaction de sa tante, Maite. Bouleversée par l’idée que sa nièce pourrait rater sa vie, elle tente de la dissuader de prendre, si jeune, le voile. Mais sa marge de manœuvre est très étroite, pavée de maladresses… Au nom de ce qu’elle appelle une éthique de l’affection, la cinéaste ne juge jamais ses personnages, à commencer par sa jeune protagoniste, dont elle respecte le mystère, au-delà de ses contradictions.
de Alauda Ruíz de Azúa
France / Espagne, 2025, 1h55
LOS DOMINGOS
Genève
Les Scala, 13:40, VOST, 12/14 ans
Neuchâtel
Cinema Minimum, 19:00
