Fortuna

Après avoir traversé la Méditerranée et l’Italie, une adolescente éthiopienne est hébergée avec d’autres migrants au monastère des Frères de la Communauté Saint-Jean sis au Simplon. En chemin, Fortuna (Kidist Siyum Beza) a rencontré Kabir (Assefa Zerihun Gudeta), un jeune compatriote déjà marié, dont elle est tombée passionnément amoureuse, comme peuvent l’être les filles de son âge. Alors qu’elle s’angoisse sur son avenir, les moines s’interrogent et se divisent sur le bien-fondé de leur acte d’hospitalité, malgré toute la force de conviction de Frère Jean (Bruno Ganz)…

Dès la première séquence du film, où l’on découvre Fortuna confier ses inquiétudes à l’âne du monastère, Germinal Roaux emporte l’adhésion. Epris de noir et blanc, le cinéaste réussit haut la main le pari de nous resensibiliser à la cause des requérants, par trop usée par le ressassement médiatique, et ce uniquement par les voies de la beauté et de l’attention portée aux êtres… Un tour de force empli d’une douceur qui serre le cœur!

de Germinal Roaux
Suisse/Belgique, 2018, 1h46