
C’est l’un des films les plus attendus de l’année, et à raison: le cinéaste britannique Christopher Nolan a allié sa science inouïe du blockbuster à une appétence rare pour le cinéma d’auteur. Pour son treizième long-métrage, Nolan, qui croit dur comme fer aux vertus des prises de vue réelles et du grand écran, s’empare de l’une des œuvres fondatrices de notre culture occidentale, «L’odyssée», attribuée à Homère, aède que l’on dit aveugle et à l’existence incertaine.
Scénariste hors-pair, le cinéaste britannique opte pour une narration très habile des déboires d’Ulysse (Matt Damon). Le film commence dans son palais d’Ithaque où Pénélope (Anne Hathaway) tisse et détisse son ouvrage, espérant encore le retour de son mari, exaspérant la foule de ses prétendants, de grossiers guerriers masculinistes.
Dans le même temps, nous découvrons un Ulysse certes amnésique mais qui paraît couler des années heureuses avec Calypso (Charlyze Theron). Mais celle-ci décèle en lui une incommensurable tristesse. Via quelques fleurs de lotus thérapeutiques, elle l’incite à se confier. Et celui-ci de se lancer dans le récit de son odyssée…
Créateur d’univers visuels fascinants, Nolan rend alors un hommage spectaculaire au péplum d’antan, égrenant de façon fabuleuse les épisodes clefs de l’épopée homérique: le cyclope, les titans, la sorcière Circée, dont il fait une égérie féministe, les Sirènes, Charybde et Scylla… De plus, le réalisateur confère une dimension contemporaine passionnante à son film à tuniques.
de Christopher Nolan
Etats-Unis, 2026, 2h52

