La Vénus à la fourrure

Cannes 2013, en compétition
de Roman Polanski
avec Emmanuelle Seigner et Mathieu Almaric

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Avec ou sans bracelet de surveillance électronique, l’apatride Roman Polanski continue à tourner des films narquois au fort pouvoir déstabilisateur. Injustement ignoré à Cannes, «La Vénus à la fourrure» est sans doute dans cette veine l’un de ses meilleurs… Metteur en scène de théâtre narcissique de petit talent, Thomas auditionne des comédiennes pour jouer le rôle de Wanda dans une adaptation du fameux récit érotique de Leopold von Sacher-Masoch, publié en 1870 et manifeste spontané de ce que l’on n’appelait point encore le sadomasochisme. Entre dans le théâtre où officie Thomas, une certain Vanda, d’apparence vulgaire et mâchant le chewing-gum. Sous le regard toujours plus surpris du metteur en scène, elle s’empare du texte, lui donnant une ampleur insoupçonnée. De manière très jubilatoire, Polanski interprète en virtuose la partition vertigineuse de l’inversion des rôles, jusqu’à travestir l’homme qui pensait détenir le pouvoir dans la relation. Adapté de la pièce de théâtre féministe de l’auteur américain contemporain David Ives, le vingt-et-unième long-métrage du réalisateur de «Carnage» (2011) génère un trouble qui ne laisse pas de fasciner celle ou celui qui y consent!
France, 2013, couleur, 1h35, programme n°186