Festival du Sud: les critiques du Jury des jeunes

Découvrez les critiques du Jury des Jeunes du Festival du Sud!

Les Lycées Blaise-Cendrars à La Chaux-de-Fonds, l’Ecole supérieure de commerce et l’Ecole supérieure Numa-Droz à Neuchâtel ont invité leurs étudiants à former le Jury des Jeunes du Festival du Sud. Les jurés ont désigné «Moonlight» comme meilleur film de cette édition 2017.

Barakah Meets Barakah
J’ai choisi de parler de ce film car c’est mon coup de cœur et qu’il est très particulier, du fait qu’il provient de l’Arabie saoudite qui est un pays très restreint au niveau de la liberté d’expression. C’est pour ça que certaines scènes du film ont été censurées. Les plans sont bien cadrés et sont très colorés. Le jeu d’acteurs est très bon. L’humour est assez présent dans le film et ce n’est pas une mauvaise chose.

Ludovic

Barakah Meets Barakah
Barakah est un employé de la mairie d’une ville saoudienne. Durant une exposition dans un musée, il fait la rencontre d’une célèbre fashionista très connue sur Instagram, Bibi. Sa mère se sert d’elle autant que modèle pour vendre ses produits.
L’histoire d’amour entre Barakah et Bibi va se créer petit à petit et difficilement. Ils ne peuvent pas se voir librement en public, car il est interdit, par la loi, à une femme de s’afficher avec un homme en dehors de la maison tant qu’ils ne sont pas mariés.

Malgré ces aspects sombres de l’histoire, il y a un aspect drôle dans la façon dont Barakah veut essayer de séduire Bibi. Durant ce film, nous voyons la place de la femme en Arabie saoudite et les restrictions établies. C’est une histoire romantique à travers laquelle nous voyageons et apprenons le mode de vie d’une nouvelle société. Je pense que ce sont ces différents aspects-là qui font que ce film est d’actualité et attachant.

Gajol

Le Chanteur de Gaza
La Palestine, pays entouré d’une barrière de séparation. Objectif déclaré: protéger la population israélienne contre une possible intrusion de terroristes palestiniens.

«Le Chanteur de Gaza» est l’un des rares films en partie tournés à Gaza (Palestine) depuis plus de 20 ans. Il est tiré d’une histoire vraie: Mohamed Assaf, un habitant de Gaza ayant remporté l’émission de télé «Arab Idol» se déroulant à Egypte.
Ce film est rempli d’espoir, de force, de détermination et surtout d’humanité. Il représente pour moi une arme chargée de lutte et d’espoir visant une société qui sépare les peuples, les humains. Une société qui nous oblige à nous conformer aux «normes» et qui nous rend toujours plus individualiste. Les barrières, ici des barbelés, physiques construites pour séparer des êtres humains, pour motif: la peur.

Ce jeune garçon qui chante des versets du Coran dans les rues de Gaza avec le soutien de sa sœur. Une voix dans laquelle se loge la sensibilité et la détermination.
Il grandira et, par sa force, il va passer au-dessus d’obstacles mentaux, comme la pensée qu’un homme, un individu dans la masse ne peut rien changer. Il va passer une frontière, construite pour empêcher le terrorisme. Il va obtenir sa place pour ce concours grâce à son talent et l’humanité d’un participant. Cette œuvre du 7ème art est très émouvante, inspirante et gorgée d’espoir. Impossible de décrocher durant le visionnage. Mémorable.

Florence

Citoyen d’honneur
«Citoyen d’honneur» est un film qui parle de Daniel Mantovani, un écrivain argentin connu mondialement, ayant reçu le Nobel de littérature. Agacé et à cause d’un manque d’inspiration, il cesse d’écrire et refuse des honneurs, récompenses et invitations. Il vit confortablement à Barcelone mais paraît avoir perdu goût à l’écriture.

Cependant, un jour il reçoit une lettre venant du maire de sa petite ville natale, Salas, qui l’invite à revenir quelques jours afin de le nommer «citoyen d’honneur». Son agent lui propose de l’accompagner mais il décide d’y aller seul.

Mantovani a écrit ses livres en s’inspirant de la vie des habitants de son village mais dans des termes qui nous pousse à de demander quelles seront leur réactions, nous verrons plusieurs personnages et un peu de leur histoire, puis nous aurons droit à des scènes inquiétantes et des retournements de situations.

C’est un film alternant des scènes dramatiques et des scènes comiques, qui nous montre l’impact que l’auteur fait aux lecteurs, et la confrontation entre l’œuvre de fiction et la réalité. Malgré des scènes longues, le film garde une fin inattendue qui remet en question l’histoire et laisse des possibilités d’interprétations différentes.

Valeria

Félicité
«Félicité», dont la protagoniste principale porte le nom, est un film qui dépeint simplement la vie d’une femme à Kinshasa. Elle est chanteuse dans un bar, ce qui lui permet de subvenir à ses besoins de manière autonome. Sa vie se complique lorsque son fils est victime d’un accident de la route et qu’une opération lui est nécessaire, car il risque d’être amputer de la jambe. Le prix de cette opération, étant bien évidemment trop onéreux pour la mère, va la conduire à chercher de l’aide à droite à gauche et non sans danger.

On découvre au travers de sa localisation en plein cœur de la capitale de la République démocratique du Congo, une femme courageuse et audacieuse prête à tout pour aider son fils. Ceci sans oublier l’aide de Tabu, un homme qui va la soutenir à sa manière et avec qui plane une sorte de romance subtile…

La musique mêle d’une part un rythme musical tumultueux et fiévreux dans le bar et d’autre part, un chœur classique. C’est ce mélange des deux styles complètement opposés qui, à mon sens, rendent le film très captivant et dramatique à la fois. Malgré les quelques lenteurs en seconde partie de film, on y décèle une tournure du scénario presque poétique si on y est attentif. Je pense que c’est une histoire qui pourrait être celle de tant d’autres, mais que la richesse de ce film reste avant tout ce personnage de détermination que représente Félicité.

Faty

Moonlight
Chiron est un garçon introverti vivant seul avec sa mère dans un quartier pauvre de Miami. Le film est séparé en trois chapitres: son enfance, son adolescence et son âge adulte. Il découvre son homosexualité lors de son adolescence et devra faire face aux violences et aux moqueries de ses camarades. Il n’a, dans sa vie, que très peu de personnes sur qui compter, sa mère, accro au crack, n’en faisant pas partie. Du petit garçon faible qui encaisse les coups, il devient un homme imposant, musclé et qui semble sûr de lui.

Ce film aborde beaucoup de sujets, notamment la drogue, le harcèlement, la violence et l’homosexualité. La finesse des trois acteurs jouant Chiron est à relever. On ressent ce sentiment de solitude et ce regard insistant à chacune des trois étapes de sa vie. Cela rend le personnage vraiment attachant. Les mouvements de caméra, parfois en cercle autour d’un sujet précis, donnent fraîcheur et nouveauté au film. Enfin, la scène finale est tout simplement magnifique et permet au film de se terminer sur une touche poétique.

«Moonlight» fait partie de ces œuvres cinématographiques pendant lesquelles j’ai souri sans m’en rendre compte en le visionnant. Regard impossible à décrocher. C’est un film à voir.

Blandine

Worlds Apart
«Worlds Apart» raconte trois histoires d’amour différentes qui se passent en Grèce durant la crise. La discrimination envers les immigrés et le réaménagement d’entreprise sont des conséquences de cette crise. Malgré le contexte particulièrement triste, l’amour permet d’entretenir ces relations. Tous les personnages sont victimes de cette crise socio-économique, et c’est grâce a leur espoir et amour qu’ils luttent contre cette misère. J’ai aussi beaucoup apprécié les effets comiques du film, lorsque l’acteur passe d’une langue à l’autre sans que l’interlocuteur comprenne. La fin était aussi saisissante, je ne m’attendais pas a ce que les trois histoires soit liées, ce qui est une fin qui m’a surpris.

Elias

Worlds Apart
Une jeune fille grecque se fait agresser en rentrant chez elle, un jeune immigré syriens lui vient en aide. Par hasard, ils se retrouvent, apprennent à se connaitre malgré la barrière de la langue et de la culture qui au cours de leur histoire devient une voie de communication. Ils s’aiment mais subissent la violence des controverses au sujet de l’arrivée massive des immigrés de la guerre.

Un homme grec dépressif rencontre une femme, froide venue d’Amsterdam pour licencier des employés d’une entreprise. C’est un amour physique au début puis on découvre que cette femme s’occupe de l’entreprise dans laquelle cet homme travail, ce qui va l’inciter à se mettre à la place des gens à qui elle détruit la vie et, au final, cet amour la rend plus humaine. Au cours de leur relation, on voit défiler les conséquences liées à la crise économique et la prise de conscience des difficultés que vivent les Grecs.

Une vielle femme grecque, mère au foyer, aide à ramasser les courses d’un veil homme allemand venu s’installer en Grèce. Celui-ci est très cultivé et va partager ses connaissances avec cette vieille femme qui, elle, est très suspicieuse mais comprend petit à petit qu’elle retrouve des envies de liberté en compagnie de ce viel homme. On retrouve dans cette histoire d’amour la crise économique mais aussi la forme de case dans laquelle on met les femmes dans les familles grecques.

Au final, toutes ces histoires sont liées, notamment parce qu’à la fin on découvre que les protagonistes sont de la même famille. Ce film est un petit bijoux dans ce monde de guerres et de problématiques sociétales, c’est un espoir pour l’amour universel!

Chloé